La FRENCH TECH

Journée des droits des femmes : jamais sans les entrepreneurEs

L’envie d’entreprendre chez les femmes ne se dément plus : 40% des entreprises individuelles créées en 2016 en France, l'ont été par des femmes (Insee), et elles souhaitent tout autant que les hommes créer leur propre entreprise (31% de femmes et 34% des hommes ; Baromètre Indvest Envie d’entreprendre 2016).

Alors que les grandes figures féminines des startups à l’international sont majoritairement issues de la Silicon Valley (Sheryl Sandberg, chef des opérations de Facebook, Meg Whitman, PDG d'Hewlett-Packard, Safra Catz, PDG d'Oracle), seules 7 % de startup de cet écosystème ont des fondatrices (TechCrunch).

 

Qu’en est-il de l’écosystème des startups français ?

En 2015, 15 % étaient fondées ou cofondées par des femmes selon une étude Girls in Tech. Paris était alors à la première place de l’entreprenariat féminin avec 21% de femmes créatrices de startups, contre 17% en moyenne dans toute l’Europe (Compass) et 8 % sur la France entière.

Des chiffres qui se suivent et ne se ressemblent pas : près de 21% des co-fondateurs bénéficiaires de la Bourse French Tech, une bourse d’amorçage à destination des startups « earlystage » déployé au national et opérée par Bpifrance, sont des femmes.

Du côté de l’investissement, les montants levés par les startups dirigées par des femmes en 2016 prennent de l’ampleur (126,6 millions d’euros, +84% par rapport à 2015, Etude StartHer 2017). Cependant, la présence des femmes dirigeantes dans les startups réussissant leur levée est en recul de 2% (passé de 15 à 13%).

Les investisseurs les plus engagés dans ces levées sont le reflet à la fois de l’écosystème avec Bpifrance pour l’action publique, Alsace Capital pour l’action régionale et Femmes Business Angels en N°1, un fonds d’investissement dédié à la thématique.

Pour répondre à ces problématiques, les femmes entrepreneurs se rassemblent pour voir plus de femmes représentées dans l’écosystème French Tech.

De nombreux réseaux de femmes soutiennent l’entreprenariat féminin, tels que StartHer, TechLadies, Women in Technology, Girls in Tech, Women Who Code, Jeunes Femmes et Numerique, Jamais Sans Elles.  Des événements 100% féminin alimentent toute l’année l’écosystème en conférences et concours pour voir émerger les startuppeuses de demain : Be a Boss, Be entrepreneure, Journée de la Femme Digitale, Les EntrepreneurEs de la Niaque, la Semaine de l’entrepreneuriat féminin...

Parmi les figures féminines françaises de la French Tech qui inspirent les femmes entrepreneures, on retrouve Méryl Job cofondatrice de Videdressing.com, Marie-Vorgan Le Barzic co-fondatrice de l'incubateur NUMA, Roxanne Varza directruce de Station F. Le classement StartHer met en avant Julia Bijaoui, cofondatrice de Frichti, Kat Borlongan & Chloé Bonnet, co-fondatrices de Five by Five, Caroline Ramade de Paris Pionnières, et Rachel Delacour, fondatrice de BIME.

 

Interview d’Alix de Sagazan, co-fondatrice d’AbTasty

 AB Tasty est une startup en hyper-croissance basée à Paris, lauréate depuis 3 ans du Pass French Tech. Spécialiste de l’A/B testing et de la personnalisation. AB Tasty aide les acteurs web et mobile à accroître leur rentabilité en fournissant des solutions simples à prendre en main pour agir rapidement sur les leviers de conversion.

En tant que fondatrice d’une startup en hyper-croissance, comment voyez-vous l’innovation au féminin ?

Je ne sais pas s'il existe d'innovation au féminin, en tout cas vivre une expérience d'hyper-croissance est absolument passionnant. Un tourbillon un peu fatiguant parfois, mais grisant et enthousiasmant. Et d'un point de vue féminin, c'est un peu sport parfois à concilier avec une vie de famille, mais il faut se fixer des règles de vie et ne pas y déroger.

Selon une étude StartHer 2016, le ticket moyen des levées de fonds de startups dirigées par des femmes est de 1.8 million d’euros contre 3.5 millions pour celles dirigées par un homme. Comment expliquez-vous cette différence ? Quelle a été votre expérience dans ce domaine ?

Les hommes sont beaucoup plus sûrs d'eux et ont beaucoup moins peur de se lancer dans l'aventure. C'est pour cela qu'il y a beaucoup plus d'hommes qui entreprennent. Les femmes ont besoin de prendre confiance en elles et de se lancer. Et une fois la boîte créée, elles vont moins se mettre en avant, n'ont pas le même rapport à l'argent... Mais les chiffres sont meilleurs d'année en année donc c'est encourageant!

Quels sont les challenges pour l’écosystème des startups françaises pour soutenir ou intégrer plus de femmes ?

A mon sens, je le répète encore, il faut qu'elles prennent de l'assurance et qu'elles aient confiance en elles. Les initiatives de l'écosystème se multiplient de plus en plus en faveur des femmes: incubateur pour femmes, associations, réseaux féminins... elles sont de plus en plus mises en avant donc je pense qu'on est sur la bonne voie! Nous avons beaucoup de chance en France d'être femme et entrepreneure: on se sent très soutenues et mises en avant, on en discute souvent ensemble et nous sommes toutes du même avis!

 

 

Interview de Sandrine Jullien-Rouquié, co-fondatrice de Ludilabel


Ludilabel est une startup basée à Toulouse, lauréate du Pass French Tech qui développe des étiquettes à personnaliser en ligne pour marquer vêtements et objets des enfants et adultes évoluant en collectivité (crédit photo studiohuit).

En tant que fondatrice d’une startup en hyper-croissance, comment voyez-vous l’innovation au féminin ?

Force est de constater que les femmes sont encore sous-représentées dans l’univers de l’innovation. Une première explication est donné par le choix du cursus scolaire : on a eu tendance à destiner les écoles d’ingénieurs aux hommes (83% des effectifs).Or on sait que les métiers de l’ingénierie sont surreprésentés dans le monde de l’innovation. Si on élargit au Digital, les femmes ne représentent que 28% alors qu’elles sont très souvent porteuses de véritables pépites. Les mentalités évoluent mais doucement.

Ensuite, je pense qu’il ne faut pas limiter l’innovation à la technologie et au digital. On peut être innovant dans notre manière de diriger une entreprise, de gérer une équipe au quotidien, d’utiliser de nouveaux canaux de communication, de créer de la valeur . L’innovation est partout. »

Selon une étude StartHer 2016, le ticket moyen des levées de fonds de startups dirigées par des femmes est de 1.8 million d’euros contre 3.5 millions pour celles dirigées par un homme. Comment expliquez-vous cette différence ? Quelle a été votre expérience dans ce domaine ?

Là aussi, plusieurs explications sont possibles. Les femmes auront peut-être tendance à mieux évaluer leur besoin en trésorerie. Elles seront dans l’efficacité plutôt que dans la course aux chiffres. Ensuite, il est vrai que les organismes de financement traditionnels sont dirigés en très grande majorité par des hommes, plus aptes paraît-il à soutenir leurs semblables. C’est sans doute pour cette raison, que les femmes vont davantage se tourner vers des financements alternatifs de type crowdfunding.

Chez Ludilabel, nous venons d’effectuer une petite levée de fonds pour l’implantation d’un studio de production en Italie, notre 2ème marché après la France. L’obtention du Pass French Tech, synonyme à la fois d’hyper-croissance et d’entreprise innovante a facilité très certainement l’obtention de cette levée.

Quels sont les challenges pour l’écosystème des startups françaises pour soutenir ou intégrer plus de femmes ?

Il faut, dans un premier temps, impérativement améliorer les modes d’accompagnement des porteuses de projets innovants. Concernant, les femmes entrepreneures, networker est essentiel.

De plus en plus d’associations se créent telle que #ConnectHers qui rassemblent les femmes et leur permettent d’échanger et de s’informer afin d’accélérer le développement de leur entreprise.



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