La FRENCH TECH

« Elles changent le monde », étude exclusive dévoilée lors de la Journée de la Femme Digitale

le 17 avril 2018 
Etude Elles changent le monde

Chaque année, la Journée de la Femme Digitale propose de prendre un temps de réflexion face à l’incompréhensible sous-représentation des femmes dans le numérique et à la tête des entreprises. Pour la seconde fois, La French Tech s’associe avec Capgemini Consulting à l’occasion de cet évènement pour réaliser une étude axée sur les femmes entrepreneures et intrapreneures pour identifier les freins et opportunités d’entreprendre ou créer un projet dans son entreprise. Cette étude baptisée « Elles changent le monde », vise à apporter de nouvelles actions concrètes.

L’étude en ligne, menée du 19 février au 21 mars 2018 auprès de plus de 1100 femmes, ainsi que les témoignages de 15 femmes entrepreneures et intrapreneures ont permis d’identifier des freins et d'ébaucher des solutions concrètes autour de 5 piliers : #Create #Lead #Drive #Finance #Learn

 PDF iconTéléchargez l'étude complète

#CREATE : Les Intrapreneures, les nouvelles héroïnes de demain ?

Qu’elles soient intrapreneures (pour 68% d’entre elles) ou pas (pour 59%) au sein de leur entreprise, une majorité de femmes salariées souhaiteraient créer leur entreprise à moyen ou long terme – c'est-à-dire à horizon +3 ou +5 ans.

Leurs motivations principales : La volonté d’indépendance à 68%, l’envie de donner un sens à leur vie pour 64% des répondantes, et le goût d’entreprendre pour 60%.

Désir de créer de la valeur ajoutée ? de prendre des initiatives ? de porter des projets innovants ? Plus que jamais, le modèle de « l’intrapreneuriat » est à promouvoir pour encourager les femmes à proposer et mener à bien des projets, au sein de leur structure. Pour les entreprises, mettre en valeur ces intrapreneures revient à valoriser la prise d’initiative : un message positif qui laisse présager que les intrapreneures seront les héroïnes de demain !

Mais, alors qu’il y a un regain très fort de l’entrepreneuriat depuis 5 ans, et que l’envie d’entreprendre n’aura jamais été si fort, les femmes ne représentent seulement que 10% des entrepreneures dans la tech (source FrenchWeb) et 28% dans le secteur du numérique (source Syntec).

Alors, un seul mot d’ordre pour accroitre la croissance économique en France : OSER, INNOVER, ENTREPRENDRE !

D’autant plus que de 45% des répondantes témoignent d’un soutien très fort de leurs proches dans leur projet d’entrepreneuriat. C’est pour encourager ces femmes à oser que la Journée de la Femme Digitale, le JFD Club premier club de networking au féminin en Europe, et la Fondation Margaret au travers du Prix Les Margaret s’attèlent à mettre en lumière de nouveaux rôles modèles inspirants.

« Ca peut paraitre bizarre, mais j’étais quelqu’un de peu sûre de moi avant et le fait d’avoir cette ambition qui se construit peu à peu donne de plus en plus d’assurance. Je me rends compte que les femmes se brident énormément, s’empêchent de faire beaucoup de choses, ont beaucoup de croyances limitantes (…) je me dis toujours qu’il faut vraiment encourager les femmes à avoir confiance ; la confiance c’est la clé de tout. »

- Alix de Sagazan, Co-fondatrice de AB Tasty

« Je pense que globalement pour les filles c’est vraiment une question d’oser, il faut oser prendre le risque. »

- Stéphanie Hospital, Fondatrice de OneRagtime

#LEAD : Un changement de mentalités en marche

Être un homme ou une femme pour entreprendre un projet ou créer son entreprise n’est plus un sujet pour près de 80% des femmes interrogées.

Pour autant, si les mentalités changent lentement mais sûrement, la JFD entre autres acteurs-clés de cette transformation, n’a pas encore réussi à faire bouger les chiffres puisqu’on ne rencontre toujours que 10% à la tête des startups dans la tech. (source : FrenchWeb)

Les préjugés ont parfois encore la vie dure. Pour les 20% qui pensent qu’être une femme est un handicap pour entreprendre :

➢ 80% jugent qu’elles sont victimes de préjugés

➢ 25% que les femmes prennent moins de risques

➢ 31% qu’elles veulent préserver leur vie de famille

« J’ai créé One RagTime avec Jean-Marie Messier ; je vous passe le nombre de fois où j’ai eu ‘Vous êtes l’assistante de M. Messier ?’ »

- Stéphanie Hospital, Fondatrice de OneRagtime

« J’ai une amie qui en ce moment lève des fonds, son conjoint lève des fonds également. Ils sont chacun entrepreneur avec un associé : c’est un couple de filles et un couple de garçons. Ils vont voir les mêmes investisseurs. Dans un cas on leur dit : ‘Mais comment vous allez faire pour le développement international parce que vous avez des enfants ?’ Pour le couple de garçons on ne voit aucun problème avec le fait qu’ils développent l’international en ayant des enfants. Ce sont les mêmes gens avec les mêmes enfants. »

- Camille Kiejman, CEO et Fondatrice de Zogma

L’éducation et la formation ont un rôle à jouer ici pour que les femmes se sentent plus légitimes et pour dépasser les préjugés car c’est en supprimant les stéréotypes dès le plus jeune âge que nous les supprimons de nos mentalités.

« C’est très tôt qu’il faut s’occuper du sujet. On se rend compte que c’est vers l’âge de l’adolescence que ça commence à basculer à cause du regard de la société et des stéréotypes sur le fait que les métiers techniques seraient plus masculins. C’est au plus tôt qu’il faut commencer à travailler là-dessus (…) car jusqu’à 10-12 ans, il n’y a pas d’inégalités par rapport à ces sujets. »

- Laurence Lafont, Directrice Division Marketing et Opérations chez Microsoft France

Selon une estimation de l’Union Européenne, le PIB européen augmenterait de 9 milliards d’euros par an si les femmes représentaient la moitié du secteur du numérique. Pourquoi ? Parce que les entreprises qui ont des femmes à leur tête ont une meilleure rentabilité.

La tech, une affaire de femmes à reconquérir : Changer les mentalités est la première étape pour faire bouger les chiffres et construire un monde meilleur plus juste et plus créatif, il est donc grand temps de passer à l’action !

#DRIVE : Le leadership au féminin, un leadership en adéquation avec les nouvelles tendances sociétales

80% des femmes Managers déclarent n’avoir aucune difficulté à recruter des hommes en tant que femmes. Pour la plupart des femmes interrogées, le sujet du management au féminin n’est pas un sujet en soi. Pour autant, les femmes mettent en avant un « savoir-être » qui leur est propre. Elles basent leur mode de management avant tout sur l’empathie, la collaboration, l’accompagnement de leurs collaborateurs pour les faire progresser (à +78%), la responsabilisation des équipes (à 81%) et la souplesse sur l’aménagement des horaires compte tenu des contraintes personnelles, familiales par exemple (à 67%).

A l’ère des salariés « Digital Native », ces valeurs sont en complète adéquation avec leurs nouvelles attentes : quête de transparence, de flexibilité, de confiance et de communication en temps réel prônées par les réseaux sociaux et plus largement véhiculées par le digital.

« [En tant que femme et maman de 2 enfants] j’ai l’impression d’avoir été plus à l’aise avec le télétravail, avec plus de confiance à laisser des femmes rester chez elles quand elles en ont besoin que des hommes qui sont un peu plus loin de ces préoccupations. »

- Nathalie Debras, Directrice de la Communication de L’Oréal Luxe France

#FINANCE : Une recherche de financement dans la durée pour la pérennité de l’entreprise et du projet

67% des femmes disent privilégier d’autres moyens de financement que la levée de fonds. Au-delà de l’aspect financement, elles ont vraiment pour préoccupation première la recherche de rentabilité, point-clé pour sécuriser la viabilité de leur entreprise, peut-être le syndrome de la bonne élève !

« Je suis fière de générer du chiffre d’affaires. On parle beaucoup de levée de fonds pour les startups, mais finalement si on arrive à générer du CA, ça permet de tester plus longtemps et de développer à un niveau qui pourra intéresser des investisseurs. »

- Eliette Vincent, Co-fondatrice de Cocolis

« Si les femmes lèvent moins que les hommes, en moyenne, ce n'est pas parce que les investisseurs acceptent de leur donner moins, c’est parce qu'elles estiment en avoir moins besoin pour leur projet. C'est, à mon avis, sur leur estimation du besoin de trésorerie et spécifiquement leur appréciation des moyens nécessaires à leur ambition qu'il faut travailler ! Et ce, uniquement en amorçage ; après cela, le gap de funding se résout naturellement. »

- Audrey Soussan, General Partner chez Ventech Capital

Pour trouver des financements pour leur projet ou leur entreprise, les intrapreneures et entrepreneures témoignent qu’être une femme peut se révéler un inconvénient … ou un véritable atout !

Les femmes interrogées ont une conscience aigüe qu’elles sont attendues sur cet aspect, qu’on leur donne moins de légitimité pour porter les aspects financiers : 70% estiment devoir redoubler d’effort pour préparer un dossier de financement, et 60% se sont fait coacher. Un réflexe tout de même qui est apparu dans les interviews c’est que les femmes ont tendance à déléguer la gestion financière à leur associé masculin.

« On s’attend toujours à ce qu’une femme soit moins à l’aise sur les chiffres, sur la rentabilité donc je prends soin de montrer que mon projet est solide sur ces dimensions » - (issue de l’étude quanti)

« En tant que fondatrice solo, il est plus difficile de donner confiance aux investisseurs. Toujours la question de la vie personnelle et des enfants qui est tacite » - (issue de l’étude quanti)

« Nous étions deux - moi j’étais enceinte et à partir du moment où les investisseurs voient que la boîte marche, ils ne sont pas du tout misogynes. Au contraire ! Je pense que c’est plutôt un atout parce que comme ils ont assez peu de femmes dans leurs portefeuilles, ils les mettent en avant et essayent d’en avoir. Je trouve que ce n’est absolument pas un frein. »

- Alix de Sagazan, Co-fondatrice de AB Tasty

#LEARN : Une appétence grandissante pour les formations et le coaching

POUR LES ENTREPRENEURES

82% des entrepreneures ayant répondu à notre étude n’ont jamais suivi de formation. Doit-on suivre une formation particulière pour entreprendre ? La question se pose de plus en plus dans un contexte où le goût d’entreprendre s’impose dans notre société.

Comment acquérir les nombreuses compétences indispensables pour entreprendre ? Deux options sont privilégiées par ces entrepreneures :

1. acquérir des compétences par elles-mêmes

« Tu te retrouves manager du jour au lendemain … donc j’ai très vite pris un coach qui nous accompagnait avec mon associé toute la partie management ; puis un deuxième coach sur le management, toujours, et la partie stratégique. Et là je suis en train de faire des formations à tous mes managers donc je me forme aussi. J’adore ça et je pense que c’est important de bien former ses managers. »

- Alix de Sagazan, Co-fondatrice de AB Tasty

2. choisir un(e) associé(e) dont les compétences sont complémentaires

« Non, je ne me serais pas lancée seule parce que pour l’entrepreneuriat j’avais besoin d’une épaule, de quelqu’un qui avait fait une école de commerce. Moi je n’ai pas cette formation-là et pour le coup soit on l’a et c’est très bien, soit on ne l’a pas et il faut s’entourer. Déjà que c’est compliqué d’entreprendre et que ce n’est pas mon domaine à la base, j’aurais abandonné je pense. »

Jessica Cymerman, Co-fondatrice de Yoopies

« Il s’agit de trouver les bonnes compétences pour s’entourer, entreprendre seule c’est complexe. S’il y avait quelque chose à faire différemment pour Habiteo, je prendrais un associé véritablement opérationnel qui emmène le projet tout autant que moi, pour avoir un miroir constant et confronter chaque étape de la construction et puis d’avoir des compétences complémentaires. J’ai dû aller chercher mes faiblesses au sein des équipes pour les compenser car c’est la mixité qui est intéressante. »

Jeanne Massa, CEO et co-fondatrice d’Habiteo

POUR LES INTRAPRENEURES

Les intrapreneures elles-aussi doivent se former à de nouvelles fonctions et s’adapter au caractère changeant de leurs métiers, surtout dans le digital. Plus de 92% des femmes salariées ayant répondu à notre étude souhaiteraient pouvoir suivre des formations au bénéficier de coaching. Or elles sont plus de 66% à noter que ce type d’accompagnement n’est pas proposé dans leur entreprise.

S’il est vrai que les filières d’entrepreneuriat dans les grandes écoles et les e-learnings se sont multipliés ces dernières années, peu d’entreprises proposent aujourd’hui des formations ou du coaching pour se lancer dans la création d’un business, y compris au sein de sa propre entreprise.



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